
Le 30 juillet 2011, des jeunes africains et leurs sympathisants on tenu une soirée dans les locaux de « PASSERELLES », Espace Rencontre Interculturel à Fribourg. Soirée organisée par le Regroupement des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement (REJADD-SUISSE) autour du thème : Des jeunes africains pour la démocratie.
Pour les organisateurs, cette soirée a servi à comprendre l’orientation mentale et intelligible des Africains loin de leur continent. En présence d’Africains suisses, d’Africains requérants d’asile et d’Africains refugiés politiques, cette soirée fut la première activité officielle lancée par l’association REJADD-SUISSE après la mise en place de cette antenne le 25 juin 2011 en Suisse.
Suite à l’ouverture de cette soirée par la présentation des buts, objectifs et moyens d’action de l’Association par le modérateur Kossivi Oyono Dagbenyo, l’intervenant du jour, le téméraire Jean Paul Oumolou (président directif du Conseil des Etudiants de l’Université de Lomé (CEUL), exercice 2003-2004), a su dans un calme certain capter l’attention du public sur les grands enjeux d’un manque d’efficacité pour asseoir une vraie démocratie en Afrique.
Il est remarquable de comprendre le déracinement de certains frères africains, qui pour la plupart coupés de leur réalité, ou pour certain, fatigués du sort qui leur est réservé ici en occident que j’appelle « le faux espoir de l’Homme noir». Vous n’êtes pas sans savoir que la majorité des jeunes africains nourrissent le rêve d’une « Europe-Eldorado », mais une fois sur place « l’Homme noir » a beau rêvé de réalités complétement différentes. Nous observons également un décalage d’esprit des Africains en Europe qui dépendra de l’accueil réservé à chacun. Certains, dès leur arrivée, ont vu leur situation régularisée sitôt tellement qu’ils croient ou ont cru retrouvé l’eldorado jadis rêvé. Pour d’autres, l’accueil fut sans problème mais quelques mois ou années plus tard c’est la croix et la bannière. Ils se retrouvent dans une situation tout comme s’ils avaient mangé le fruit défendu dans le jardin d’Eden. La troisième catégorie sont ceux qui dépourvus de bon accueil et qui sont étiquetés d’intouchables. Ceci parce que ne sachant pas à quel saint se vouer, ils se livrent dès leur arrivée dans une bataille de survie. Car, une fois l’expérience de l’oiseau volant faite, le retour est très difficile à envisager sans promesses probantes. Permettez-moi d’arrêter cette analyse ici bien qu’il faudrait plus la développer.
Mais comprenez seulement une facette des difficultés qu’affrontent les africains en occident. Il s’agit d’une politique de précarité mise en place par les politiciens occidentaux afin de nourrir le néo esclavagisme. Point d’ouverture et d’orientation facile pour les africains en Occident ! En revanche ce sont ces politiciens occidentaux eux même qui tapissent dans l’ombre en soumettant le continent noir dans la pauvreté et le sous -développement. Avec l’exemple de la Libye, ils ont dévoilé leur politique mafieuse sur le continent. Situation qui vient une fois encore apitoyer la condition misérable des africains.
La plupart des occidentaux nous baratinent et sont contre certaines admirations au « Guide libyen ». Tout porte à croire que nous les africains nous n’avons aucun projet de vie à inculquer à l’histoire. L’Afrique doit se mettre toujours aux aguets de l’occident.
Voilà des sentiments qui ont amenés l’intervenant du jour, Jean-Paul Oumolou à retracer l’histoire de la politique mafieuse des occidentaux et l’hypocrisie de démocratie qu’ils font croire aux africains comme une solution salvatrice. Son intervention n’a pas été accueillie de main morte, elle a suscité des interventions énergétiques de la part des détracteurs africains et certains occidentaux sympathisants à la cause commune.
Pour certains africains nous devons oublier le passé et vivre notre temps. Certains refusent d’être assimilés à « ce peuple colonisé ». Pour eux c’est leurs ancêtres ignorants qui se sont fait dominer et coloniser et non pas eux. C’est la première fois que personnellement j’entends de pareils discours. Et je ne sais quoi penser de ceux qui affirment que « sans la colonisation l’Afrique allait être plus attardée qu’aujourd’hui ».
Malgré le désarroi et l’incompréhension dans lesquels nous plongeaient ces remarques plus que surprenantes, nous n’avons pas failli dans le débat et continué à échanger nos idées, rappelant au passage quelques éléments indispensables de l’Histoire Africaine (durée et conditions de la Traite négrière, passé et présent de la Françafrique,etc)
En guise de conclusion, cette soirée à levé le voile sur la méconnaissance de l’histoire du peuple noir. Certains africains sans espoir ne se gênent pas pour se poser la question sur leur origine, d’où ils viennent et quelle est l’histoire qui fonde l’essence pure de l’homme noir.
L’occident a gagné une bataille contre notre peuple. Celle d’avoir réussir à le diviser et à semer des grains de malheurs en soutenant des dictateurs, personnes vicieuses et dépourvues de toute connaissance pour diriger un peuple. Pour affaiblir ce peuple dynamique qu’est le peuple noir, les occidentaux se sont concertés à Berlin en 1885 et ont divisé ce pauvre continent d’abord sur papier puis de façon draconienne sur le terrain. Aujourd’hui il est clair et sans doute que la tâche devient complexe pour ceux qui malgré eux se définissent comme panafricanistes.
Pour REJADD la question serait de savoir s’il faut mener la lutte sur plusieurs fronts comme L’Allemagne nazie lors de la deuxième guerre mondiale qu’elle a perdue ou s’atteler tout d’abord a faire le travail du dialecticien pour désaliéner le continent africain? Notre réponse à cette question s’apparenterait au devoir d’un platonicien. Si la politique occidentale nous brise les ailles et certains compatriotes s’écartent de la lutte qui est la nôtre, il y a là de quoi à faire. Ce questionnement constituera le fondement de notre prochaine soirée sur le thème « Des jeunes pour des compétences solidaires».
Kossivi Oyono Dagbenyo,
Coordinateur International du REJADD